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Rappel historique au sujet de la Dynastie Alaouite

 
     
 
 
 
 

Un rappel historique est utile au lecteur peu familiarisé avec l’histoire du Maroc, afin de situer le règne de Mohammed V dans le cours général de l’Histoire, et aussi pour comprendre comment a pu s’élaborer la pensée politique de celui-ci. 

Sidi Mohammed Ben Youssef, né en 1909, était monté sur le trône en 1927 ajoutant son nom à la liste, déjà longue, de la dynastie Alaouite qui, comme on le sait, succéda aux environs de 1631 aux Sultans Saadiens. 

Ses ancêtres, les chérifs Alaouites, étaient venus d’Arabie à la fin du 13ème siècle. En vrais successeurs d’Ali, gendre du Prophète, ils menaient, dans le Tafilalet, une vie modeste. 

Dans la première moitié du 17ème siècle, ils descendirent la vallée de la Moulouya, s’emparèrent d’Oujda et de Fès, conquirent ensuite Marrakech et le Souss et étendirent leur autorité sur tout le Maroc.

Au lieu de développer démesurément leur empire, comme l’avaient fait leurs prédécesseurs les Alamoravides et les Almohades et même les Mérénides et les Saadiens, les chérifs Alaouites se préoccupèrent uniquement de consolider leur puissance au Maroc. Cette sagesse politique leur a permis de se maintenir au pouvoir jusqu’à nos jours et, en fait, la maison Alaouite, vieille de plus de trois siècles, est la plus ancienne des maisons régnantes actuelles. 

Sidi Mohammed Ben Youssef était le petit-fils de Moulay El Hassan qui régna de 1873 à 1894. 

Aimé de ses sujets, Moulay El Hassan fut un Grand Sultan. Il mourut le 7 Juin 1894 au retour d’un pèlerinage politique au Tafilalet, berceau de sa famille, dont les tribus sahariennes avaient troublé la paix. 

La politique extérieure de Moulay El Hassan consista à résister aux entreprises des Européens en opposant les puissances entre elles. Cependant, par la convention de Madrid (1880), il avait dû reconnaître aux autres états européens les avantages déjà attribués à la France et à l’Espagne : Les tribunaux consulaires et le droit de protection sur les Marocains employés par les Européens ; ceux-ci obtenaient le droit d’acheter des propriétés avec l’autorisation du Sultan : ce régime capitulaire fut le premier fondement de cette internationalisation du Maroc qui devait lui faire tant de mal et lui être si nuisible.

Moulay El Hassan avait désigné, pour lui succéder, Moulay Abd El Aziz qui était le préféré de ses neuf fils. Agé de quatorze ans, le jeune Sultan avait hérité d’un Empire entièrement pacifié,au moins en apparence, et tout d’abord, il n’avait fallu que peu d’efforts pour maintenir cette situation. Mais celle-ci ne tarda pas à se détériorer et, en réalité, la période qui s’étend depuis la mort de Moulay El Hassan jusqu’à 1912 constitua pour le Maroc une période de crise qui devait se terminer par l’établissement du Protectorat Français. (Voir à la fin du chapitre le détail de la période 1904-1912) 

Moulay Abd El Aziz fut remplacé, en 1908 par son frère Moulay Hafid qui abdiqua en 1912 en faveur d’un troisième frère Moulay Youssef, lequel n’était autre que le propre père du futur Mohammed V. 

Lorsque Moulay Youssef monta sur le trône, le Protectorat Français venait d’être institué et Lyautey avait été désigné pour en être le premier Résident Général : une nouvelle page s’ouvrait pour le Maroc.

Le père du futur Mohammed V, au dire de ceux qui l’ont connu, était un homme excellent, plein de cœur et de bon sens, dont la loyauté fut constante et totale. Au point de vue politique, que pouvait-il faire d’autre que d’adopter la doctrine anglaise du  « wait and see » ?

Au demeurant, il ne pouvait qu’aider  le  Général  Lyautey  à construire son œuvre puisqu’il représentait  lui-même la  clef  de vooûte de cet édifice. La politique du Résident Général ne tendait-elle pas, avant tout, à renforcer l’autorité du Souverain dans lequel il voyait une incarnation vivante du Maroc ?

Moulay Youssef était pour lui le gardien d’un facteur d’union, une garantie pour l’avenir. Aussi, Lyautey ne manquait-il jamais une occasion de lui montrer publiquement son respect et son attachement ; il l’imposait à tous : Marocains, français et étrangers. Il proclamait : « Je veux être le Richelieu de ce nouveau Louis XIII ».

Afin de lui témoigner la reconnaissance que la France lui gardait de l’attitude loyale qu’il avait eue pendant la guerre, M. Steeg fut chargé d’inviter Moulay Youssef à se rendre à Paris. Accompagné de sa famille, il y fut reçu avec les plus grands honneurs, et il profita de sa présence dans la capitale pour rendre visite à son grand ami le Général Lyautey. 

Le Sultan Moulay Youssef aimait les boutades qui permettaient d’apprécier sa bonhomie et l’équilibre de son jugement. Son médecin, le regretté docteur Arnaud me raconta qu’au cours de son premier voyage en France le Souverain fut surpris de l’abondance de l’eau qui se manifestait aussi bien par des pluies fréquentes et bienfaisantes pour l’agriculture que par des fleuves nombreux au cours abondant et régulier et qui contrastaient avec les lits desséchés et les oueds boueux qu’on trouve souvent au Maroc. S’adressant à Arnaud, il lui fit part de cette réflexion : « En contemplant cette verte campagne, je me demande vraiment ce que tu es venu faire au Maroc. Quand on a un pays comme le tien… on y reste ». 

Moulay Youssef eut quatre fils : l’aîné, le prince Moulay Idriss avait deux ans de plus que le prince Moulay Hassan. Tous deux étaient de la même mère. Le troisième fils n’était autre que le futur Mohammed V. En réalité ces deux princes étaient presque contemporains ; Sidi Mohammed était en effet né en 1909, quarante jours après le prince Moulay Hassan. 

Sa mère n’eut que ce fils unique, ce dont elle se montrait particulièrement fière, répétant souvent : « Je n’ai eu qu’un fils… mais il a été Sultan ». La mère du Roi ne survécut pas au chagrin que lui causa la déposition de ce fils bien-aimé et elle mourut quelques semaines après sa déposition, alors que lui-même se trouvait en exil, à Zonza, en Corse. La mort de cette mère, dans de telles conditions, lui fut infiniment cruelle. 

Le quatrième fils de Moulay Youssef était le prince Moulay Abdeslam qui était le cadet de Sidi Mohammed. 

Je n’ai eu que rarement l’occasion de rencontrer le prince Moulay Idriss qui vivait à Marrakech. En revanche, j’ai eu tout le loisir de bien connaître le prince Moulay Hassan que, plus tard, on prit l’habitude au Palais de désigner sous le nom de « Son Altesse » afin de ne pas le confondre, au cours d’une conversation avec son homonyme, son neveu, le Prince Héritier qu’on appelait « Le Prince », lorsqu’on parlait de lui. 

Le Roi Mohammed V était uni à son frère, le Prince Moulay Hassan par une affection profonde et lorsque ce dernier fut atteint dans sa santé, il le soigna avec une sollicitude infiniment touchante, ne quittant pas son chevet et faisant venir de Paris d’éminents spécialistes. Avant qu'une rechute de l’affection dont il avait été atteint une première fois ne le privât définitivement de l’usage de la parole, le Prince Moulay Hassan aimait les longues discussions, parlait avec une exubérance qui contrastait avec la réserve de son Auguste frère que cette volubilité faisait souvent sourire. Rempli de gaieté et de dynamisme, aimant la vie, bienveillant pour son prochain, il aimait faire part de son point de vue avec une franchise qui, souvent, n'avait rien de diplomatique. 

Moulay Youssef chérissait également ses fils et il est absolument faux qu’à un moment donné, il ait montré de l’éloignement pour son futur successeur. Il éprouvait au contraire pour lui des sentiments d’estime et de confiance car, de ses enfants, il était le seul auquel en signe de confiance il confiait ses clefs. 

J’ai connu au Palais de Rabat, des vieux serviteurs de Moulay El Hassan ; pour illettrés qu’ils fussent, ils n’en étaient pas moins doués d’une excellente mémoire, d’un esprit d’observation très aigu. Ces survivants avaient conservé des souvenirs précis et colorés des hauts faits et gestes de leurs anciens maîtres et leur témoignage me fut précieux. 

Une fois monté sur trône, Sidi Mohammed Ben Youssef acquit rapidement toutes les raisons de croire qu'il était désigné pour continuer l'œuvre de son illustre grand-père Moulay El Hassan et aussi pour effacer les conséquences de cette triste période de l'histoire du Maroc qui se prolongea de 1900 à 1912.

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De 1904 à 1912 :

 

 Il faut se souvenir que le début de ce siècle avait marqué, pour l'Empire Chérifien, le début d'une période de malheurs. Les événements qui s'y déroulèrent démontrent l'importance qu'avait prise, avant la guerre de 1914, "l'affaire marocaine". 

 La France, installée depuis soixante dix ans en Algérie et désireuse d'assurer la sécurité de sa frontière algéro-marocaine avait des vues sur le Maroc. Elle avait trouvé en face d'elle l'Angleterre, qui pour sa part estimait qu'elle avait des droits à faire respecter. 

Le 8 avril 1904, un accord était conclu entre la France et l'Angleterre. Cette dernière en échange des droits que la France pouvait conserver en Égypte, lui laissait les mains libres au Maroc à condition que fussent respectées l'autorité du Sultan ainsi que la liberté du commerce pendant une période de trente ans. 

Ainsi que devait le proclamer Paul Deschanel, du haut de la tribune de la Chambre, "la France avait tout sacrifié à une pensée maîtresse le Maroc." 

Le 12 juin 1904, par l'intermédiaire du gouvernement français, Moulay Abdel Aziz avait conclu, avec un consortium de banques françaises un emprunt de 62,5 millions de francs qui lui avait permis de rembourser ses autres créanciers. Ces emprunts avaient été gagés sur le produits des douanes maritimes, dont 60% étaient affectés au service de l'emprunt.  

Si l'Angleterre s'était pratiquement retirée de la compétition, la lutte n'en demeura pas moins circonscrite, âpre et sans repos, entre Paris et Berlin. 

En effet ce partage d'influence bipartite ne fut pas du tout du goût de l'Allemagne d'autant que le Quai d'Orsay avait négligé de faire connaître les conclusions de cet accord aux signataires de la convention de Madrid.

 

Or l'Allemagne se proposait de montrer au monde qu'elle aussi, s'intéressait au Maroc et, pour faire valoir ce point de vue Guillaume II s'y prit de façon très spectaculaire en débarquant inopinément à Tanger, le 31 mars 1905 et en proclamant la souveraineté et l'indépendance absolue du Maroc ainsi que la concurrence pacifique de toutes les nations sans monopole ni exclusion d'aucune sorte.           

L'Allemagne était entrée en scène; elle devait y rester, sans la quitter, jusqu'en 1911. 

Cette manifestation de l'empereur allemand ne manqua pas le but qu'elle s'était proposée: toutes les chancelleries furent alertées et cette activité diplomatique aboutit à l'ouverture, le 15 janvier 1906, à Algésiras, d'une conférence qui réunissait le représentant des treize puissances signataires de la convention de Madrid.  

Cette conférence devait s'occuper du sort du Maroc, compte tenu des déclarations que le Kaiser venait de faire à Tanger quelques mois auparavant. 

Les questions économiques, fiscales et de sécurité furent étudiées au cours de séances nombreuses et passionnées au cours desquelles les représentant de la France et de l'Allemagne ne cessèrent de s'opposer.  

La question de l'organisation de forces de police fut particulièrement discutée. Les Allemands ayant refusé la création d'un mandat français ou même franco espagnol, on décida de constituer des tabors chérifiens dans les ports ouverts avec des cadres français, espagnols et mixtes, à Tanger sous le commandement d'un officier suisse résidant à Tanger. 

Le principe d'une Banque d'Etat fut également admis. Son capital initial fut fixé à 15.400.00 francs, divisés en 14 parts dont 12 pour les puissances signataires et deux pour le consortium de banques qui avait consentit l'emprunt de 1904. La Banque d'Etat devait faire au makhzen un avance de dix millions destinés à l'entretien des ports. 

C'était, en quelque sorte le début d'une internationalisation du Maroc. 

Si l'acte d'Algésiras, qui fut signé le 7 avril 1906, devait marquer, pour le Maroc, la fin d'une indépendence qu'il ne devait retrouver qu'en 1955, il devint vite un champ clos ou la France et l'Allemagne ne cessèrent de s'affronter jusqu'en 1911. Si les dés avaient été jeté, la partie n'était pas gagnée et l'Allemagne n'avait pas perdu l'espoir de rattraper l'avance que la France avait au Maroc: c'est remplie d'amertume qu'elle se retirait de la conférence d'Algésiras où, complètement isolée, elle n'avait réussi à faire prévaloir aucune de ses thèses. La France, elle, n'avait gagné que l'autorisation de jouer un rôle prépondérant dans le programme d'internationalisation dont il avait été décidé. 

L'élite marocaine ne se faisait aucune illusion sur l'avenir réservé à son pays et Si Abdelkrim Ben Slimane, le vizir chérifien des affaires étrangères exposait son point de vue au représentant de la France avec une impressionante clairvoyance: "Le vieux Maroc est perdu, sans espoir disait-il. La conférence ne s'est occupée que de Tangeret des ports ou résident les européens et où elle a créé des forces de police, une caisse spéciale de travaux publiques, une Banque d'Etat; mais elle n'a rien fait pour procurer au makhzen des ressources financières dont il a besoin pour entretenir une armée, lever des impôts, combattre l'insurrection et l'anarchie. Elle s'est complètement désintéressée du markhzen et des réformes à introduire dans l'administration de l'Empire. Vous développerez à la côte des intérêts européens que nous seront impuissants à protéger avec les faibles effectifs de police que vous avez prévus. Les désordres iront en augmentant et ils engendreront une anarchie qui sera le prélude de la domination étrangère." Cet exposé prophétique prouve que le Maroc a toujours été riche en diplomates de qualités. Et c'est une tradition qu'il n'a pas perdue. 

Au cours des mois qui suivirent la conférence d'Algésiras le Sultan Moulay Abdel Aziz se trouva sur les plans politiques, économique et financier aux prises avec des difficultés de plus en plus inextricables: c'est le moment que choisit son frère, Moulay Hafid pour essayer de le détrôner. 

Ce nouveau prétendant avait trouvé à Berlin des encouragements et une aide efficace. Paris, vers lequel se tournait le pauvre Moulay Abdel Aziz désireux de faire face à la menace dont il était l'objet, restait sourd à cet appel, tant était grande la crainte de déplaire au Gouvernement de Berlin. 

Le 3 janvier 1908, la déchéance de Moulay Abdel Aziz ayant été proclamée, à cause de la complaisance qu'on lui prêtait à l'égard des chrétiens, les Oulémas élisaient son frère Moulay Hafid pour lui succéder. 

Mais cette election ne fut pas ratifiée dans l'ensemble du pays et le Maroc, pendant quelques mois connut deux sultans. Schématiquement on pouvait dire que l'autorité de Moulay Abdel Aziz s'exerçait sur l'ensemble  des port à l'exception de Safi et des ports du Gharb. Par contre, dans son ensemble, le sud, centré sur Marrakech reconnaissait Moulay Hafid à l'exception toutefois des Doukkala et des Rehamna. 

Moulay Abdel Aziz fit face à la situation avec sang froid. Ayant réalisé la vente de ses derniers biens, il équipa une mehalla et quitta Rabat le 12 juillet 1908 afin de combattre les ennemis de son trône. La piste que devait suivre les troupes de l'ancien sultan passait par la Chaouia qui, conformément à l'acte d'Algésiras était sous le contrôle des troupes françaises. Mais alors qu'on avait interdit au Général d'Amade qui les commandait, d'arrêter Moulay Hafid, ennemi de la France, lors de son passage sur ce territoire, on lui avait donné l'ordre d'interdire au sultan légitime, ami de la France, cette portion de son empire qu'elle occupait en son nom ! Cette politique française de neutralité à tout prix lui avait fait commettre une véritable iniquité. 

La petite armée du Sultan s'avança sans rencontrer de difficultés et se renforça de nouveau partisans. Mais le 19 août à Bouajiba, elle connut la déroute. Moulay Abdel Aziz se battit courageusement. Le 21 août il gagnait Casablanca où il signa son abdication. Il fut exigé de Moulay Hafid de reconnaître le traité d'Algesiras et de désavouer la guerre sainte qu'il avait mené. La France, l'Espagne et les autres puissances reconnurent Moulay Hafid en janvier 1909. 

Cette reconnaissance qui avait été consentie dans le but d'assurer la pacification de l'empire chérifien semblait correspondre à un succès de l'Allemagne. En réalité, ce succès ne fut qu'éphémère. 

Moulay Hafid, en effet, après quelques succés, connut assez rapidement les difficultés du pouvoir et il s'aperçut que si l'aide de l'Allemagne lui avait facilité l'accès au trône, cette aide était insuffisante pour l'y maintenir. 

 Des tribus du Nord s'étant révoltées, il ne put en devenir maître qu'après avoir fait appel aux troupes françaises. La France se trouvait de nouveau en piste. 

L'Allemagne, prenant comme prétexte que l'acte d'Algésiras stipulant que l'indépendance du Maroc devait être respectée, avait été violé, manifesta son humeur en envoyant le 1er juillet 1911 la canonnière la Panther dans la rade d'Agadir "pour protéger les intérêts allemands menacés." En réalité, l'Allemagne informée de l'importance maritime d'Agadir, des richesses agricoles et minières du Souss, exigeait une part du gâteau. 

Le coup d'Agadir, tel qu'il est mentionné dans les manuels d'histoire, fut le départ entre de nouvelles négociations entre la France et l'Allemagne. Les opinions publiques étaient déchaînées tant à Paris qu'à Berlin contre leurs gouvernements respectifs.

 Le 4 novembre 1911, une convention franco allemande était signée d'après laquelle, en échange d'importantes concession au Congo, l'Allemagne reconnaissait à la France le droit de prêter son aide au Maroc pour l'introduction de toutes les 9réformes administratives, judiciaires, financières et militaires qu'elle jugerait utile et elle ne faisait pas d'objection à ce que le représentant de la France devint l'intermédiaire du Maroc auprès des puissances étrangères. Un tel accord devait permettre à la France de signer avec Moulay Hafid  le 30 mars 1912, le traité de protectorat.

 
 

 

 
 

Mohammed V, Hassan II, tels que je les ai connus